La liberté : «Nous écoutons d’autres sensibilités»

Claudio Rugo et Jessica Goodwin, candidats du Parti des Artistes pour le gouvernement

Le fondateur du Parti des Artistes a fait son entrée au Conseil général de la ville de Fribourg en février dernier. Avec sa comparse, Jessica Goodwin, Claudio Rugo compte proposer «autre chose».

En quoi vos deux candidatures ne sont-elles pas des gags?
JG: Nous n’essayons pas de monopoliser l’attention à des fins d’autopromotion personnelle. Ca peut paraître décalé mais nous voulons générer une alternative politique, donc nous essayons et nous irons jusqu’au bout.
CR: Nous sommes un mouvement citoyen, à l’instar de ceux grecs ou espagnols. Ce n’est pas un gag. D’autres artistes se sont lancés en politique avant nous, comme Coluche ou Gilberto Gil. Une partie de la population ne se sent pas représentée, c’est à elle que nous nous adressons..

Vous êtes novices en politique. Est-ce que vous pouvez sérieusement prétendre à l’exécutif cantonal?
CR: Je fais mienne la maxime de Che Guevara: «Ni au-dessus, ni au-dessous» de l’autre. Les Conseillers d’Etat doivent représenter la diversité de la population. Nous arrivons avec de nouvelles propositions.

Justement, vous dites constituer une alternative à la gauche et à la droite. En quoi en êtes-vous vraiment une?
CR: Les juristes sont surreprésentés. Nous offrons un autre choix et sommes à l’écoute d’autres sensibilités plus prolétaires, de gens à problèmes.
JG: Je suis une personnalité créative et moderne tournée vers l’avenir. Je pense pouvoir soutenir des projets à la fois sensibles à la collectivité et réalistes. Moi je vois un Fribourg 4.0. Trop d’outils donnés par la Confédération, comme la Nouvelle politique régionale ou les messages pour l’innovation, ne sont pas exploités.

Dans quels domaines spécifiques pensez-vous pouvoir apporter une expertise au service du canton?
JG: Sur les médias. Sur les nouvelles technologies et comment utiliser l’«überisation» pour inspirer un tournant vers une cyberadministration au service d’une économie circulaire connectée. La Gruyère est très belle mais nous pourrions faire de Fribourg un «hub» de durabilité.
CR: Pour ma part, je suis un «matheux», ce qui est finance ça m’intéresse. C’est dans mes gênes familiaux. Je pourrais avoir un œil frais dans le domaine. Et au niveau de la culture, avec mon réseau je pourrais apporter des idées fertiles pour la promouvoir.

Le Parti des artistes se dit initiateur d’un mouvement «artistico-citoyen», un mouvement pour aller où?
CR: Comme sur un tableau le peintre peut avoir des envies mais des fois il improvise aussi. Je partirai d’une toile blanche, avec ouverture, et je la peindrai avec les gens et les écoutant.
JG: Vers demain bien sûr. Vers une ville plus verte, vers plus d’expression d’individualité et plus d’acceptation de différence. Vers plus d’initiatives citoyennes et de mise en valeur de ces actions.

Votre cheval de bataille c’est la promotion de l’art, que proposez-vous de plus que la gauche déjà bien engagée dans ce domaine?
CR: Je ferai de La Chassotte un pôle artistique. La gauche disait vouloir créer une Maison de la culture à Fribourg, après cinq ans on n’en a pas vu la couleur Idem pour Bluefactory, la dimension socioculturelle est quasi inexistante dans ce projet.
JG: Quand je pense que les cours de musique ont été supprimés à la Haute Ecole Pédagogique, les futurs professeurs doivent se former par leurs propres moyens pour passer l’examen de musique. La culture mérite mieux que ça.

Comment jugez-vous le bilan de l’actuel Conseil d’Etat?
CR: Le bilan de fin de législature rédigé par «La Liberté» était pas mal. Mais vous avez été un peu durs. Quant à moi, je juge très peu. Au niveau personnel, je suis un peu comme Godel dans sa gestion publique, très économe. Qu’en serait-il pour la collectivité? Je ne sais pas. Mais j’ai de bonnes affinités avec certains des membres de l’exécutif actuel.
JG: Economiquement, le bilan est plutôt positif, mais ça serait sympa d’ouvrir les cordons de la bourse. En termes d’innovation par contre c’est un zéro pointé. Beaucoup de bruit a été fait avec sur ce thème mais rien de concret n’a vu le jour pour les citoyens. On pourrait faire un effort dans le tourisme par exemple, ça manque de créativité tout ça.

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L’Etat doit se faire entrepreneur

1 Plus d’un Fribourgeois sur quatre doit quitter le canton pour travailler. Vos mesures prioritaires pour renforcer l’économie, hormis la RIE III (réforme fiscale des entreprises), que tous les cantons appliqueront?
CR: Il faudrait relancer les projets énergétiques. Beaucoup de subventionnements ont été bloqués. Il faudrait débloquer tout cela pour axer le canton sur le développement durable. C’est créateur d’emplois. Après nous sommes dépendants d’un marché que l’on ne domine plus, tout cela se passe au niveau européen.
JG: Des outils comme le cautionnement des petites et moyennes entreprises (PME) rurales nous sont donnés. En Suisse 1770 ont touché bénéficié de cette mesure. C’est peu quand on pense que les PME sont quand même celles qui génèrent le plus d’emplois. Il faudrait plus mobiliser ce type d’outil pour nos entreprises locales.

2 Comment amener les Fribourgeois à davantage utiliser les transports publics?
CR: Plutôt que de construire des routes de contournement, il vaudrait mieux investir dans les transports publics pour faire baisser le prix des billets. Le train Fribourg Lausanne coûte 50 francs aller-retour, en voiture c’est moins de 15 francs. Le calcul est vite fait.
JG: L’Etat pourrait mettre à disposition de la population une plateforme de covoiturage. Par ailleurs, je ne vois pas assez de pistes cyclables traverser Fribourg. Quant aux transports publics, il faut agir sur les prix, les tarifs des TPF sont surfaits.

3 Le canton vit sous le régime de l’austérité budgétaire. Pour maintenir le navire à flot, faut-il tailler dans les prestations ou augmenter les recettes?
CR: Il faut renforcer les prestations, sans augmenter les taxes. Pour cela, il faut insuffler à l’Etat un esprit entrepreneurial.
JG: Il ne faut pas réduire l’offre. Avec une cyberadministration nous pourrions réduire les frais.

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Faut-il interdire le port de la burka dans l’espace public?
Non.

A quel investissement faut-il prioritairement consacrer la fortune non affectée du canton?
Etendre les activités extrascolaires à tout le canton.

L’Etat doit-il acquérir des terrains stratégiques, comme le site de Tetra Pak?
Oui.

Le personnel de l’Hôpital fribourgeois doit-il rester soumis à la loi sur le personnel de l’Etat?
Oui.

Faut-il interdire les chauffages à mazout d’ici 2030?
Oui.

Combien le canton comptera-t-il de communes au début 2017?
170 (faux, il en restera 136).

Combien y a-t-il de barrages au fil de la Sarine?
Cinq. (faux, il y en a six).

Faut-il une route de contournement à Chiètres?
Plutôt non.

Pour une paire de chaussures, jusqu’à combien dépensez-vous?
CR: 150 francs.
JG: 300 francs.

Combien de fois par semaine mangez-vous de la viande?
CR: Je suis végétarien.
JG: Deux à trois fois.

La fusion du Grand Fribourg doit-elle se concrétiser lors de la prochaine législature?
Oui

Pour ou contre le parc éolien du Schwyberg?
Pour

Que vous coûte votre prime maladie mensuelle?
CR: 195 francs.
JG: 320 francs.

Où se trouve Coussiberlé?
Nous ne savons pas. (dans le lac)

Donnez-vous de l’argent aux mendiants?
CR: Plutôt non.
JG: Ça dépend.

Votre dernière colère?
CR: Contre mon fils.
JG: Trop privé.

Votre série TV préférée?
CR: Màs sabe el diablo.
JG: Vinyl.

Le nom d’un Fribourgeois évoluant en Superleague de foot?
Nous ne savons pas.

Le livre vers lequel vous revenez toujours?
CR: Préceptes de vie du Dalaï-Lama par Bernard Baudouin.
JG: Belle du Seigneur par Albert Cohen.

Le découpage des districts est-il à revoir?
Non.

Votre superhéros préféré?
CR: Le Dalaï-Lama.
JG: Richard Stallman.

En quelle année le HC Gottéron a-t-il été champion suisse?
Il y a longtemps.

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